Le 1er mai : un jour férié à part dans le droit du travail

Le 1er mai est un jour férié unique : quelles obligations pour les employeurs d'intérimaires et quelles règles de rémunération ?

Le 1er mai : un jour férié à part dans le droit du travail

Le 1er mai est un jour férié unique : quelles obligations pour les employeurs d’intérimaires et quelles règles de rémunération ?
Article publié le 1 mai 2026 (8h43).
Dernière mise à jour le 1 mai 2026 (8h43).
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Illustration (New Africa / Magnific / BAB / InterimInfo.com).

Le 1er mai occupe une place singulière dans le droit du travail français. À la fois symbole social fort et exception juridique, il impose aux entreprises (y compris aux acteurs de l’intérim) un cadre strict. Pour les recruteurs, bien comprendre ces règles est essentiel afin de sécuriser leurs pratiques.

En France, tous les jours fériés ne se valent pas, et le 1er mai constitue une exception majeure. Contrairement aux autres jours fériés légaux, celui-ci est obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés, y compris les intérimaires. Cette règle relève de l’ordre public social. Elle s’impose à toutes les entreprises, quels que soient leur secteur d’activité ou leur taille. Ainsi, en principe, aucun salarié ne doit travailler ce jour-là. Pour les recruteurs et les agences d’intérim, cela implique une vigilance particulière dans la planification des missions.

Cependant, comme souvent en droit du travail, ce principe connaît des exceptions. Certaines activités, par leur nature, ne peuvent être interrompues. C’est notamment le cas des secteurs hospitaliers, des transports ou encore de l’hôtellerie-restauration. Dans ces situations, le recours au travail le 1er mai est autorisé, y compris pour les salariés intérimaires.

  • Intérimaires : une égalité de traitement avec les salariés permanents

Un principe fondamental encadre le travail temporaire : celui de l’égalité de traitement. L’intérimaire bénéficie des mêmes droits que les salariés de l’entreprise utilisatrice occupant un poste équivalent. Ce principe s’applique pleinement au 1er mai. Ainsi, un intérimaire doit être traité exactement comme un salarié permanent en matière de repos ou de travail ce jour-là.

Pour les recruteurs, cela signifie que toute décision relative à l’activité du 1er mai doit être cohérente avec la politique interne de l’entreprise cliente. Une différence de traitement pourrait être juridiquement contestée.

  • Peut-on faire travailler un intérimaire le 1er mai ?

La possibilité de faire travailler un salarié intérimaire le 1er mai répond à un cadre juridique particulièrement strict. Par principe, cette journée est obligatoirement chômée. Toutefois, le droit du travail prévoit une dérogation pour certaines activités dont l’interruption est impossible en raison de leur nature ou des besoins essentiels qu’elles couvrent. Sont notamment concernées les entreprises relevant de secteurs assurant une continuité indispensable, tels que les services de santé, les transports ou encore certaines activités commerciales et de services fonctionnant en continu. Dans ces configurations spécifiques, le recours au travail (y compris intérimaire) est juridiquement admis afin de garantir la permanence de l’activité.

Pour autant, cette faculté ne saurait être interprétée comme une simple souplesse organisationnelle. Elle implique au contraire une justification rigoureuse de la nécessité de maintenir l’activité le 1er mai. Le recours à un intérimaire doit ainsi s’inscrire dans une logique objective de continuité de service et non dans une optique de convenance ou d’optimisation des ressources.

Pour les recruteurs et les entreprises utilisatrices, l’enjeu est donc particulièrement structurant. Il s’agit, d’une part, de s’assurer que l’activité entre bien dans le champ des dérogations légales autorisant le travail ce jour-là. D’autre part, il est indispensable de veiller à la conformité globale de la mission, tant dans son fondement que dans ses modalités d’exécution, notamment au regard des règles de rémunération et du principe d’égalité de traitement. En pratique, une anticipation rigoureuse et une coordination étroite avec l’agence d’intérim permettent de sécuriser ces situations sensibles, tout en garantissant le respect des obligations légales et des droits des salariés.

  • Une rémunération obligatoirement doublée

Le travail accompli le 1er mai ouvre droit à un régime de rémunération spécifique, nettement plus protecteur que celui applicable aux autres jours fériés. La législation impose en effet une majoration de 100% du salaire, ce qui se traduit par une rémunération doublée pour chaque heure travaillée. Concrètement, le salarié intérimaire perçoit à la fois :

  • sa rémunération habituelle correspondant au travail effectué
  • une indemnité complémentaire d’un montant équivalent

Ce dispositif est d’ordre public, ce qui signifie qu’il s’impose à toutes les entreprises sans possibilité d’y déroger dans un sens moins favorable. Ainsi, cette majoration ne peut en aucun cas être remplacée par un repos compensateur, sauf si une disposition conventionnelle prévoit des avantages supplémentaires. Pour les professionnels des ressources humaines, cette règle appelle une vigilance particulière : elle suppose non seulement une parfaite maîtrise des obligations légales, mais également une coordination étroite entre l’entreprise utilisatrice et l’agence d’emploi afin de garantir une application conforme des règles de paie.

Au-delà de l’aspect réglementaire, cette spécificité a des implications directes en matière de gestion. Le recours au travail le 1er mai entraîne mécaniquement un surcoût significatif, qui doit être anticipé dès la phase de planification des besoins en personnel. Cette contrainte budgétaire invite les recruteurs à arbitrer avec précision entre impératif de continuité d’activité et optimisation des coûts. Dans ce contexte, une approche stratégique s’impose : l’identification des postes réellement indispensables, l’anticipation des volumes d’activité et l’intégration du coût global du travail temporaire permettent de sécuriser les décisions tout en garantissant la conformité juridique.

  • Et si le 1er mai n’est pas travaillé ?

Lorsque l’activité de l’entreprise est interrompue, le 1er mai conserve son statut particulier de jour obligatoirement chômé et rémunéré. Ce principe s’applique pleinement aux salariés intérimaires, dans le respect du cadre légal spécifique à cette journée. Dans cette configuration, les intérimaires perçoivent une rémunération équivalente aux heures qu’ils auraient normalement effectuées si la mission s’était déroulée. Il ne s’agit donc pas d’une absence non payée, mais bien d’un maintien de salaire, garantissant la continuité de leurs droits malgré l’interruption de l’activité.

Un élément mérite une attention particulière de la part des recruteurs : aucune condition d’ancienneté ne peut être exigée pour ouvrir droit à cette rémunération. Contrairement à certains jours fériés dits « ordinaires », où des critères peuvent être appliqués aux salariés permanents, le 1er mai s’impose comme une règle d’ordre public, y compris dans le cadre du travail temporaire. Cette spécificité constitue un marqueur fort de l’égalité de traitement entre intérimaires et salariés de l’entreprise utilisatrice. Elle contribue également à renforcer l’attractivité du travail temporaire, en offrant des garanties immédiates aux candidats, indépendamment de la durée de leur mission.

Pour les entreprises, cette obligation implique toutefois une anticipation rigoureuse. Le maintien de la rémunération, même en l’absence d’activité, doit être intégré dans la gestion des coûts et dans la planification des ressources. À ce titre, une coordination étroite entre l’entreprise utilisatrice et l’agence d’intérim demeure essentielle afin de sécuriser les pratiques et d’éviter tout risque de non-conformité.

  • Une différence majeure avec les autres jours fériés

Le 1er mai se distingue nettement des autres jours fériés légaux par un régime juridique d’exception, qui mérite une attention particulière de la part des recruteurs. En effet, la plupart des jours fériés en France obéissent à une logique de souplesse : le travail y est, sauf dispositions contraires, autorisé. Leur caractère chômé dépend généralement des conventions collectives, des accords d’entreprise ou des usages internes. De la même manière, la rémunération associée à ces journées n’est pas encadrée de façon uniforme par la loi. Les majorations éventuelles ou les compensations relèvent le plus souvent de négociations collectives, ce qui induit une grande hétérogénéité selon les secteurs d’activité.

À l’inverse, le 1er mai s’impose comme une norme d’ordre public social. Il est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour l’ensemble des salariés, sauf exceptions strictement définies par la loi. Cette spécificité s’accompagne d’une autre contrainte forte : lorsque le travail est autorisé, la rémunération doit impérativement être doublée, sans possibilité de substitution par un dispositif moins favorable.

Cette dualité (interdiction de principe et encadrement strict des dérogations) confère au 1er mai un statut unique dans le droit du travail français. Pour les professionnels des ressources humaines, et en particulier dans le secteur de l’intérim, cette singularité peut constituer une source de complexité opérationnelle. Elle suppose une parfaite articulation entre les règles légales, les pratiques de l’entreprise utilisatrice et les exigences propres au travail temporaire.

Dans ce contexte, une confusion entre le régime du 1er mai et celui des autres jours fériés peut exposer les recruteurs à des risques juridiques non négligeables. Une maîtrise fine de cette distinction apparaît donc indispensable pour sécuriser les pratiques et garantir la conformité des dispositifs RH.

  • Les risques juridiques pour les recruteurs

Le non-respect des dispositions spécifiques encadrant le travail du 1er mai expose les entreprises utilisatrices comme les agences d’intérim à des risques juridiques significatifs, dont les conséquences peuvent être à la fois financières, sociales et réputationnelles.

Sur le plan réglementaire, les manquements peuvent donner lieu à des sanctions administratives, notamment en cas de recours injustifié au travail ce jour pourtant légalement chômé. À cela s’ajoutent des risques de redressement, en particulier lorsque les obligations de rémunération (incluant le doublement du salaire) ne sont pas strictement respectées. Ces irrégularités peuvent également être requalifiées en infractions au droit du travail lors de contrôles.

Sur le plan contentieux, les litiges portés devant les juridictions prud’homales constituent un autre niveau de risque. Un salarié intérimaire pourrait contester les conditions dans lesquelles il a été amené à travailler le 1er mai, notamment en l’absence de justification liée à la continuité d’activité ou en cas de traitement inégal par rapport aux salariés permanents. Ces situations peuvent entraîner des condamnations financières, mais aussi fragiliser durablement les pratiques RH de l’entreprise.

Au-delà des aspects strictement juridiques, l’enjeu est également réputationnel. Dans un contexte de tension sur le recrutement et d’attention accrue portée à la qualité des conditions de travail, une mauvaise gestion du 1er mai peut impacter la marque employeur et la relation avec les partenaires sociaux.

Dans ce contexte, la sécurisation des pratiques en amont apparaît comme un levier indispensable. Elle repose sur une parfaite maîtrise du cadre légal, une qualification précise des situations autorisant le travail le 1er mai, ainsi qu’une coordination étroite entre l’entreprise utilisatrice et l’agence d’intérim. L’anticipation, la traçabilité des décisions et la transparence dans l’application des règles constituent, à cet égard, des piliers essentiels d’une gestion RH conforme et responsable.

  • Un enjeu stratégique pour les entreprises

Au-delà de la stricte conformité juridique, la gestion du 1er mai s’impose comme un véritable enjeu stratégique pour les recruteurs et les directions des ressources humaines. Cette journée singulière cristallise en effet un équilibre délicat entre continuité d’activité, maîtrise des coûts et respect d’un cadre social particulièrement sensible.

Dans de nombreux secteurs dits « en continu », l’arrêt total de l’activité n’est tout simplement pas envisageable. Hôpitaux, transport, hôtellerie-restauration ou encore logistique : certaines entreprises doivent impérativement assurer la continuité de service, y compris un jour férié aussi symbolique que le 1er mai. Cette exigence opérationnelle s’accompagne toutefois de contraintes fortes. Le recours à des salariés ce jour-là implique une rémunération majorée, une vigilance accrue sur le respect du droit du travail, ainsi qu’une attention particulière portée à la perception sociale de ces pratiques, dans un contexte où le 1er mai conserve une forte dimension symbolique.

Dans ce cadre, le travail temporaire peut constituer un levier de flexibilité intéressant pour les entreprises. Encore faut-il l’utiliser de manière rigoureusement encadrée, en veillant à la conformité des missions, à l’égalité de traitement des intérimaires et à la bonne application des règles de rémunération. Ainsi, loin d’être une simple question opérationnelle, l’organisation du travail le 1er mai s’inscrit pleinement dans une logique de pilotage RH stratégique, où arbitrage économique, conformité réglementaire et responsabilité sociale doivent être finement articulés.

  • Bonnes pratiques pour sécuriser le recours à l’intérim le 1er mai

Dans un contexte où le 1er mai constitue un cadre juridique particulièrement strict, les recruteurs ont tout intérêt à adopter une démarche rigoureuse afin de sécuriser leurs pratiques et limiter les risques de non-conformité.

La première vigilance consiste à qualifier précisément la nature de l’activité concernée. Avant toute planification de missions, il est indispensable de s’assurer que l’entreprise relève bien d’un secteur ou d’une situation autorisant le travail le 1er mai. Cette analyse préalable conditionne la légalité même du recours à des intérimaires sur cette période.

La sécurisation passe également par une coordination étroite avec l’agence d’intérim. Une communication claire et anticipée permet de garantir une application correcte des règles de rémunération, notamment en ce qui concerne la majoration obligatoire. Cette transparence contractuelle limite les risques d’erreurs administratives et de contentieux ultérieurs.

Enfin, la dimension humaine ne doit pas être négligée. Une information précise et pédagogique auprès des intérimaires sur les conditions de mission le 1er mai contribue à instaurer un climat de confiance. Elle participe également à la valorisation de la marque employeur, en renforçant le sentiment de respect et de reconnaissance des salariés temporaires.

Le 1er mai reste un jour emblématique du droit du travail, marqué par une protection renforcée des salariés. Pour les intérimaires, les règles sont claires : repos obligatoire sauf exception, et rémunération doublée en cas de travail. Pour les recruteurs, la maîtrise de ce cadre juridique est essentielle : elle permet non seulement d’éviter les risques, mais aussi de valoriser une gestion responsable et conforme des ressources humaines.

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