ManpowerGroup fait évoluer sa gouvernance française avec le départ de Benoît Derigny et le renforcement des responsabilités de Riccardo Barberis, qui prend directement en charge les opérations du groupe dans l’Hexagone. Cette réorganisation, effective depuis le 8 septembre 2026, intervient alors que le marché de l’emploi, du recrutement et de l’intérim traverse une phase de normalisation qui oblige les grands acteurs du secteur à conjuguer maîtrise opérationnelle, innovation et capacité d’adaptation.
Un peu moins de deux ans après sa nomination à la présidence de ManpowerGroup France, Benoît Derigny quitte l’entreprise pour poursuivre de nouvelles opportunités professionnelles. La responsabilité opérationnelle du marché français revient désormais directement à Riccardo Barberis, dirigeant expérimenté du groupe, dans une configuration qui traduit une volonté de continuité mais aussi de resserrement du pilotage à un moment charnière pour les métiers du recrutement, de l’intérim et des services RH.
Une nouvelle étape dans la gouvernance de ManpowerGroup France
Le paysage des grands acteurs français de l’emploi connaît une évolution notable. Depuis le 8 septembre 2026, Riccardo Barberis assume directement la responsabilité des opérations de ManpowerGroup en France. Il conserve parallèlement ses fonctions de Président Europe du Nord ainsi que de Président de ManpowerGroup France. Cette nouvelle organisation intervient à la suite du départ de Benoît Derigny, qui quitte l’entreprise afin de poursuivre de nouvelles opportunités professionnelles.
Cette évolution met fin à un mandat relativement court de Benoît Derigny à la présidence de ManpowerGroup France. Celui-ci avait pris ses fonctions le 1er janvier 2025 en remplacement d’Alain Roumilhac, parti à la retraite après plus de treize années au sein du groupe. Benoît Derigny connaissait toutefois de longue date l’écosystème de l’entreprise : avant d’accéder à la présidence française, il dirigeait Manpower France et avait occupé différentes responsabilités dans les activités du groupe.
Son parcours associait ainsi expérience opérationnelle, management et connaissance approfondie du marché des services aux entreprises. Durant sa présidence, il avait notamment porté dans le débat public plusieurs enjeux structurants pour l’emploi : évolution des intentions de recrutement, métiers en tension, transformation des compétences, impact de l’intelligence artificielle ou encore adaptation des entreprises à un environnement économique moins prévisible.
Riccardo Barberis, un dirigeant expérimenté pour piloter le marché français
Le choix de confier directement les opérations françaises à Riccardo Barberis s’inscrit dans une logique de continuité. Le dirigeant dispose de près de trente années d’expérience au sein de ManpowerGroup et exerce déjà des responsabilités régionales importantes. Son périmètre de Président Europe du Nord lui donne une lecture transversale des transformations actuellement à l’œuvre sur plusieurs grands marchés européens de l’emploi.
Il connaît par ailleurs déjà étroitement les enjeux français. Lors de la nomination de Benoît Derigny à la présidence de ManpowerGroup France, ce dernier lui était directement rattaché puisque le périmètre européen piloté par Riccardo Barberis avait alors été élargi à la France. La nouvelle organisation raccourcit donc la chaîne de gouvernance plutôt qu’elle ne constitue une rupture complète avec le fonctionnement précédent.
Cette distinction est importante. Pour un groupe international opérant sur des marchés aussi sensibles aux cycles économiques que l’intérim et le recrutement, une évolution de gouvernance doit aussi être appréciée sous l’angle de la continuité opérationnelle. Riccardo Barberis arrive aux commandes directes des activités françaises avec une connaissance préalable du marché, des équipes et des orientations stratégiques du groupe.
La France reste un marché déterminant pour ManpowerGroup
Au-delà du changement de dirigeant, cette réorganisation souligne la place particulière de la France dans le dispositif international de ManpowerGroup. Le pays constitue l’un des principaux marchés du groupe et son importance dépasse le seul poids de l’activité d’intérim. Les besoins croissants en recrutement spécialisé, en accompagnement des transformations RH, en compétences technologiques et en solutions de gestion des talents renforcent progressivement la dimension stratégique du marché français.
ManpowerGroup compte près de 9.000 collaborateurs en France. À cette implantation significative s’ajoute une présence territoriale qui permet au groupe de suivre au plus près les besoins en compétences des bassins d’emploi et des entreprises. Cette capillarité demeure un avantage important dans un marché où les dynamiques de recrutement peuvent varier fortement selon les territoires, les qualifications et les secteurs.
La nouvelle gouvernance devra donc maintenir un équilibre entre une stratégie conçue à l’échelle internationale et les réalités extrêmement diverses du marché français. Les difficultés de recrutement observées dans certains métiers ne répondent pas aux mêmes mécanismes que les besoins de compétences numériques ou que les problématiques d’emploi rencontrées dans les secteurs industriels. La capacité à articuler expertise sectorielle, proximité géographique et technologies de recrutement restera dès lors déterminante.
Une transition qui intervient dans un marché de l’emploi plus prudent
Le changement de gouvernance intervient également à un moment particulier pour les professionnels du recrutement. Après plusieurs années durant lesquelles les pénuries de talents et les tensions sur l’embauche ont occupé une place centrale dans les stratégies RH, les entreprises évoluent désormais dans un environnement plus contrasté. Les intentions d’embauche ont montré des signes de prudence en France au cours de 2026 et la remontée progressive du chômage s’est accompagnée d’une normalisation du marché. Pour autant, cette évolution ne signifie pas la disparition des tensions structurelles. Certains secteurs continuent de rencontrer des difficultés pour attirer les profils nécessaires tandis que les compétences technologiques, industrielles ou liées à l’énergie restent particulièrement recherchées.
Cette situation impose aux entreprises de recrutement et d’intérim un positionnement plus sophistiqué. Leur mission ne consiste plus uniquement à rapprocher rapidement une offre et une demande de travail. Elle repose davantage sur la capacité à anticiper les compétences, sécuriser les parcours professionnels, accompagner la formation et proposer aux employeurs des réponses adaptées à des besoins parfois très spécifiques.
Pour ManpowerGroup France, cette transformation constitue simultanément une contrainte et une opportunité. Dans un marché moins uniformément dynamique, la qualité du conseil, la connaissance sectorielle et la capacité à identifier les compétences transférables deviennent des facteurs de différenciation majeurs.
L’intelligence artificielle au cœur des transformations RH
La prise de responsabilité directe de Riccardo Barberis intervient par ailleurs dans une période d’accélération technologique majeure. L’intelligence artificielle transforme progressivement l’ensemble de la chaîne de valeur des ressources humaines : sourcing, analyse des compétences, rapprochement entre candidats et offres, automatisation de tâches administratives, mobilité professionnelle ou encore anticipation des besoins. ManpowerGroup a déjà positionné la France comme un territoire important de cette transformation en installant à Paris un hub consacré à l’intelligence artificielle appliquée aux ressources humaines. Cette initiative vise notamment à développer des solutions permettant d’associer innovation technologique et approche centrée sur l’humain.
Pour les professionnels des RH, l’enjeu dépasse désormais la simple adoption d’outils d’IA. La question centrale concerne leur intégration dans des processus où la décision peut avoir des conséquences importantes sur les trajectoires professionnelles. Transparence des algorithmes, prévention des biais, protection des données, responsabilité des décisions et maintien d’une véritable expertise humaine deviennent autant de critères de maturité pour les organisations.
Dans ce domaine, les grands groupes internationaux du recrutement disposent d’un avantage lié à leur capacité d’investissement mais ils portent également une responsabilité particulière. Leur taille leur permet de déployer rapidement de nouvelles solutions à grande échelle. Elle impose en contrepartie une vigilance élevée sur la gouvernance de ces technologies et sur leur appropriation par les recruteurs comme par les candidats.
De l’intérim à la gestion globale des compétences
L’évolution du marché explique également pourquoi la gouvernance d’un groupe tel que ManpowerGroup ne peut plus être analysée sous le seul prisme de l’intérim traditionnel. Les grands acteurs de l’emploi se positionnent désormais sur un continuum de services qui englobe recrutement permanent, travail temporaire, conseil, externalisation, formation, transformation digitale et gestion des talents.
Cette diversification répond à une évolution profonde des attentes des entreprises. Face à l’incertitude économique et à la rapidité des mutations technologiques, les directions des ressources humaines cherchent davantage de flexibilité sans renoncer à la sécurisation des compétences critiques. Elles attendent également de leurs partenaires une connaissance suffisamment fine des métiers pour anticiper les transformations plutôt que simplement répondre aux vacances de postes.
Dans ce contexte, l’intérim conserve une fonction essentielle d’ajustement mais il devient aussi l’une des composantes d’une réflexion plus large sur l’allocation des compétences. Les parcours sont moins linéaires, les besoins des organisations évoluent rapidement et les frontières entre recrutement, formation et mobilité professionnelle tendent à devenir plus poreuses.
Une gouvernance plus intégrée pour accompagner les transformations
La concentration des responsabilités françaises entre les mains de Riccardo Barberis peut enfin être interprétée comme une recherche de cohérence accrue entre les orientations européennes et leur déclinaison nationale. Pour un groupe international, les grandes transformations qui affectent le travail (intelligence artificielle, démographie, pénuries de compétences, évolution des aspirations professionnelles et recherche de productivité) dépassent largement les frontières nationales. Cela ne réduit toutefois pas l’importance de l’ancrage local. Le marché français possède ses propres spécificités réglementaires, sociales et économiques et l’intérim y joue un rôle particulier dans l’ajustement des besoins de main-d’œuvre. L’enjeu pour la nouvelle gouvernance sera donc de conjuguer la capacité d’investissement et d’innovation d’un groupe mondial avec la proximité indispensable aux entreprises et aux candidats.
La stabilité des équipes opérationnelles et la continuité de la relation avec les clients constitueront à ce titre des points d’attention. Dans les métiers des ressources humaines, les transformations organisationnelles ne produisent durablement de valeur que lorsqu’elles renforcent la qualité du service, la capacité d’anticipation et la confiance entre les différentes parties prenantes.
Un passage de relais à suivre dans un secteur en recomposition
Le départ de Benoît Derigny et la prise en charge directe des opérations françaises par Riccardo Barberis constituent ainsi davantage qu’un simple changement de gouvernance. Cette transition intervient alors que les acteurs de l’emploi doivent simultanément composer avec un ralentissement relatif des recrutements, des pénuries persistantes sur certains métiers, une demande croissante d’expertise et une accélération spectaculaire des usages de l’intelligence artificielle.
Pour ManpowerGroup, l’enjeu sera de transformer cette nouvelle organisation en levier de cohérence stratégique et opérationnelle. L’expérience internationale de Riccardo Barberis et sa connaissance préalable du périmètre français constituent des facteurs de continuité. La capacité du groupe à traduire cette continuité en innovation, en proximité et en solutions concrètes pour les entreprises comme pour les talents permettra néanmoins de mesurer, dans la durée, la portée réelle de cette évolution.
En confiant à Riccardo Barberis la responsabilité directe de ses opérations françaises après le départ de Benoît Derigny, ManpowerGroup opte pour une gouvernance plus intégrée autour d’un dirigeant déjà familier du marché hexagonal et des enjeux européens. Cette évolution prend une dimension particulière dans une période où l’intérim, le recrutement et plus largement les services RH doivent repenser leurs modèles face à la normalisation du marché de l’emploi, aux tensions persistantes sur les compétences et à l’accélération de l’intelligence artificielle. Au-delà des changements de fonctions, c’est donc la capacité à associer vision internationale, expertise locale, innovation responsable et proximité avec les entreprises et les talents qui constituera le véritable enjeu de cette nouvelle étape pour ManpowerGroup France.





